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 UNIVERSITÉ KARAOUYINE

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ouedaggaï

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MessageSujet: UNIVERSITÉ KARAOUYINE   Ven 13 Déc - 20:41

La plus ancienne université du monde Karaouyine à travers l'histoire.

 
(conférence donnée aux Amis de Fès par Si Alaoui Ben Mehdi le 8 novembre 1953).
  Quiconque désire faire l'historique de la Karaouyine, doit préalablement traiter de l'histoire de la capitale idrissite où se trouve cette université. Les historiens disent que le fondateur de Fès et de ses deux adouas ou faubourgs : Karaouyine et Andalouss, n'est autre que Moulay Idriss II.

  Cependant, aucun d'eux n'a traité cette question à fond, jusqu'au jour où le grand orientaliste français Lévy-Provençal, connu pour ses importantes études historiques, nous a révélé que  seule l'Adoua de Karaouyine fut fondée en 192 de l'hégire par Moulay-Idriss II, tandis que celle des Andalouss fut créée par Moulay-Idriss 1er en l'an 172 de l'hégire.

    L'histoire de Fès

  A l'appui de cette assertion, le professeur en question fournit plusieurs arguments dont nous relevons notamment:
    - L'existence à la Bibliothèque nationale de Paris, d'un « dirham » (pièce de monnaie) frappé à Fès en 189, c'est à dire avant la date de la fondation de la ville de Fès par Idriss II.
    - L'existence, au Musée de Karkof, capitale de l'Ukraine en Russie, d'un autre dirham frappé également à Fès en 175.
   - Les déclarations analogues à ce qui précède quant à la fondation de Fès, faites par le grand voyageur renommé Hassan ben Mohammed  Ouzzane Fassi connu sous le nom de Léon l'Africain.
   - Enfin, l'affirmation de l'historien En-Noffeli suivant laquelle Idriss II est venu à Fès en 192 et s'est installé à l'Adoua des Andalouss, puis a fondé l'Adoua de Karaouyine en 193.

  M. Lévy-Provençal fait ressortir qu'une erreur commise dans la transcription manuscrite des dates 172 et 192 fut à l'origine de l'erreur historique relative à la création des deux faubourgs, le copiste ayant dû confondre ces dates qui se ressemblent dans l'écriture en la seule année 192, supprimer le nom de Moulay-Idriss Ier et ne laisser que celui de Moulay-Idriss II comme fondateur des deux Adouas.

  Là s'arrête nos connaissances se rapportant à Fès et à ses deux faubourgs. L'avenir nous apporter sans doute des précisions quant à la véracité des nouveaux éléments historiques présentés plus haut.



    La fondation de la Karaouyine

  En ce qui concerne les raisons de cette fondation, il s'avérait nécessaire qu'une importante ville destinée à être la capitale politique et administrative de la dynastie nouvellement arrivée au pouvoir et vers laquelle devaient affluer un grand nombre de personnes en provenance de l'Occident (Andalousie) et de l'Orient ( Kérouan) fut créée en rapport avec la grandeur de la dynastie.

  Une fois cette nouvelle ville fondée, ses habitants durent penser, en premier lieu, à la construction de temples pour remplir leurs devoirs religieux. Chaque adoua fut donc dotée de sa mosquée.

  Mais la population augmentant sans cesse, les deux mesjdids ne tardèrent pas à devenir insuffisants et la question d'autres « maisons d'Allah » fut posée à nouveau.

  Fatima Oum El Banine El Fahria, remplissant un devoir sacré, fut la première à répondre au désir de la population, par la construction de la mosquée Karaouyine, moyennant des deniers licites provenant d'une succession. Ce fut en l'an 245, du temps de l'imam Yahya, petit-fils d'Idriss II.

  L'Histoire rapporte que Fatima El Fahria pratiqua le jeûne durant le temps de la construction et pria Dieu, en signe de reconnaissance, dans la mosquée qui fut son œuvre. De même qu'elle s'engagea à ne se procurer des matériaux de maçonnerie, terre ou autre, nécessaires à la construction de la mosquée du lot qui lui était destiné.

  La Karaouyine avait alors 150 empans de long partant de l'endroit où se trouve le grand lustre actuel et où était installé l'autel (mirheb), et aboutissant à l'actuelle « anza » (piquet de séparation entre la mosquée et sa cour), endroit où se trouvait alors le petit minaret.

  Par le temps, des transformations furent apportées à cette mosquée qui fut chaque fois agrandie jusqu'à devenir ce qu'elle est actuellement.




    La plus ancienne université mondiale

  Il ne m'a pas été possible d'avoir des précisions sur la date exacte à laquelle on commença à y donner des cours qui en ont fait une université du Maroc. Mais si je dois me baser sur les déclarations des différents historiens anciens ou contemporains qui ont traité la question, il m'est permis de dire que l'Université Karaouyine est la plus anciennes des universités mondiales.

  Les historiens marocains sont unanimes à ce sujet et aucun autre n'a fait, à ma connaissance des déclarations contraires. Bien mieux, la revue « El Hilal » de 1897 (Tome I folio 508) a reproduit un article publié par un savant russe et dont voici quelques passages :
  « La plus ancienne des universités n'est pas en Europe, comme on le croit, mais en Afrique, dans la ville de Fès, capitale du Maroc. En effet, il a été prouvé historiquement que cette université qu'on appelait « Université de Kerouan » a été fondée au IX ème siècle de l'ère grégorienne. Non seulement c'est la plus ancienne, mais c'est la seule où à cette époque, les étudiants recevaient un enseignement supérieur, alors qu'à Paris, Oxford, Bologne ou Bâle, en Pologne, etc … on ne connaissait d'université que de nom ».

  Enfin, en ce qui concerne les débuts de l'enseignement , tout ce que j'ai pu savoir est qu'il était donné aux étudiants dans les médersas qu'ils habitaient.

  Quant à la Karaouyine, les gens qui désiraient éclaircir tel ou tel point religieux, s'y réunissaient dans la cour pour en discuter. Par la suite et en raison du nombre croissant des personnes intéressées la cour devint insuffisante pour les contenir.

  C'est alors que les savants se mirent à donner des cours réguliers sur les matières dans lesquelles ils étaient versés à ceux qui voulaient en profiter. D'où la création des « halqas » ou cercles d'auditeurs autour des Oulémas, cercles grandissant sans cesse et formés d'étudiants venus de toutes parts.




    Qui fréquentait la Karaouyine ?

  De nombreux étrangers ont sans doute fréquentés l'Université de Karaouyine.
 
  On n'ignore pas que celle-ci avait acquis une célébrité pour l'enseignement qui y était donné. Un grand nombre d'Egyptiens, Syriens, Andalous, Tunisiens et Algériens s'y rendaient.

  Reste à savoir si des Européens y venaient pour s'instruire.

  Il est normal que si la Karaouyine a atteint dans l'Histoire un degré de célébrité tel que les gens y affluaient de toutes les contrées, on n'a pas à douter que des Européens la fréquentaient aussi.

  Les historiens l'ont bien affirmé. Malheureusement ils n'ont pas donné de précisions quant aux noms de ces étudiants. Seule une grande personnalité a été citée. Il s'agit du pape Gerbert Sylvestre II, né à Rome en 930 de l'ère grégorienne et mort en 1003. Sa Sainteté, après avoir fréquenté cette université et y avoir acquis des connaissances approfondies, rentra en Europe à laquelle il offrit un cadeau de ses sciences : il consistait en les chiffres arabes et la méthode suivie pour les employer, méthode que l'Europe ne connut qu'après le retour de  et étudiant, envoyé par elle à la Karaouyine dans le but d'y acquérir des connaissances supérieures.

  Et Bostani en parle dans son livre « Daïret el Maariff » dans ces termes : « On dit que le pape en question a introduit les chiffres arabes dans le calcul … ».

  D'après les historiens, ce grand chef religieux a le mérite d'avoir été pour beaucoup dans l'évolution de la législation romaine à laquelle il apporta des réformes sérieuses inspirées du droit musulman, réformes dont les traces subsistent encore dans les codes actuels de l'Europe.

  Le critique qui n'est pas satisfait de ces données historiques auxquelles manquent certaines précisions, peut émettre des doutes en supposant que ce pape était venu à Fès, non pas en étudiant mais en touriste ou pour un autre motif.

  Saisissant cette occasion, il pourrait avoir contacté des savants marocains et en avoir reçu, dans de courtes réunions, le commentaire de certains points de vue ; de même qu'il pourrait s'être renseigné sur les différentes matières enseignées à la Karaouyine et avoir à son retour divulgué dans les cercles littéraires ce qu'il aurait ainsi acquis de nouveau dans les sciences. Par la suite, les historiens en auraient déduit que le pape Gerbert Sylvestre II fît des études à l'Université de  Karaouyine et y acquit pas mal de sciences,entre autres,le calcul et la législation musulmane.

  Il s'agit d'un grand événement historique auquel on doit donner toute l'importance qui lui convient

  Une étude approfondie de la question s'impose, car dans le cas où la chose est nettement confirmée, elle sera à l'honneur de l'Université de Karaouyine et méritera d'être mentionnée dans son Livre d'Or.

  Il appartient donc à ceux qui sont animés du désir de la Vérité dans leur recherches, de faire jaillir la lumière sur cet important fait historique que j'ai l'honneur de soulever.

  Pour ma part, je désirerais revenir sur la question, dans la mesure du possible et si des éléments nouveaux me le permettent. Peut-être arriverai-je aussi à découvrir dans mes recherches d'autres noms d'étudiants venus d'Europe ou d'ailleurs pour fréquenter la Karaouyine dans les temps passés et que les historiens ont négligé de citer. J'aurais ainsi la satisfaction d'avoir comblé une lacune dans l'histoire de cette université.




  Cette conférence a été prononcée lors d'une visite complète de l'Université, par les membres des  « Amis de Fès », à l'invitation du Conseil des Oulémas.

  Une centaine de personnes assistent à cette conférence dans la salle de lecture de la bibliothèque, vaste et luxueuse sous son haut vaisseau de boiserie et de stukage éclairé par l'éclairage indirect et un lustre en fer forgé de l'art fassi. Le président du Conseil des Oulémas Sidi Mohamed ben Abdeslam Bennani « Raïs » du Medjless el Hilme, encadré des éminents Ouléma, Si Ben Brahim, Sidi Mohamed Tahari et si Tahar el Fussi, secrétaire du conseil accueille ses invités.

  Après la conférence de  Si Alaoui Ben Mehdi, c'est le bibliothécaire Sidi Mohamed ben Chekroune, qui dirige la visite de la vieille bibliothèque et permet la « contemplation rapide » des précieux parchemins, manuscrits et ouvrages antiques sur peaux de gazelle qui constituent le trésor de l'Université.



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ouedaggaï

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MessageSujet: Re: UNIVERSITÉ KARAOUYINE   Ven 13 Déc - 21:01

Je fais suivre cette conférence des " Amis de Fès" par deux textes de Pierre BACH, consacrés à la mosquée et à l'université Karaouyine et publiés dans le Courrier du Maroc fin mai et début juin 1953


La Mosquée Karaouyine à travers les âges


  C'est en 859 de l'ère chrétienne que sur l'emplacement actuel (à l'endroit où est le grand lustre), une première petite mosquée fut construite aux frais d'une femme pieuse et riche nommée Fatima bent Mohammed El Fehery, venue de Kairouan avec son père et sa sœur Meriem (qui elle fit bâtir la mosquée des Andalous). Fatima acheta le terrain d'un kairouanais arrivé avant eux. Cette mosquée de 30 mètres sur 30, comportant quatre petite nefs, fut de plus en plus fréquentée et finit par remplacer celle des Chorfa comme mosquée-cathédrale (pour le prône du vendredi) en 918.

  En 956, les émirs Zénètes firent élever le minaret que l'on voit encore, se terminant par une coupole. Il était décoré d'inscriptions et l'émir Ahmed ben Abou Beker fit placer au sommet, au-dessus d'une boule en métal doré, la propre épée d'Idriss II. Ce minaret fut réparé en 1289 parce qu'il menaçait ruines.

  En 1133, sous les Almoravides, le cadi Mohammed ben Daoud fit agrandir la mosquée et construire la porte monumentale Fakharine, devenue aujourd'hui la porte Chemaïne. Lorsqu'on creusa les fondations, on découvrit une citerne voûtée où vivait une énorme tortue. Cette porte fut plus tard détruite par un incendie des souqs et le sultan almohade Abou Youssef Yacoub El Mansour la fit reconstruire en 1203. Les Almohades firent également élever le minaret à tour carrée (ou plus exactement la tour-observatoire) et agrandir la mosquée par le cadi Abdallah ben Daoud qui pava la cour et fit construire un bassin à jet d'eau par l'architecte Abou Moussa en 1222.

  La bibliothèque, créée avec l'Université, a compté jusqu'à 20 000 volumes. Il n'en restait que 1700
lorsque le Protectorat en entreprit la restauration.

  Sous les Mérinides fut établie en 1317 une horloge hydraulique qui doubla quelque temps les cadrans solaires. La Karaouyine atteignait ses dimensions définitives. Elle hérita encore sous les Saadiens, en 1588 de la grande fresque de marbre, puis enfin des deux kiosques à colonnades entourant les fontaines et qui rappellent la Fontaine des Lions de l'Alhambra, à Grenade.

  La mosquée compte depuis l'époque Mérinide, 16 nefs de 21 arcs, reposant sur 270 piliers. Ces chiffres sont mentionnés dès 1326 par le Roudh El Qirtas, lequel ajoute que l'édifice avait 16 portes et pouvait abriter 22 700 fidèles. On y entendait au prône du vendredi de grands théologiens, car la renommée de l'université s'était étendue dans le monde musulman et l'on y vit venir des savants comme le géographe explorateur Ibn Batouta, mais bien auparavant déjà elle avait été fréquentée par Sidi Ali Bou Ghaleb, Abou El Hassan ben Harazem, Sdi Ahmed El Bernoussi, Sidi Boujida, Abou El Hassan Chaoui Slaoui, Abou Abdallah Deqqaq et bien d'autres théologiens et juristes.

  La modeste mosquée de Fatima avait grandi. Son développement avait suivi celui de la ville. Il s'était fait progressivement, sous les Zénètes, les Almoravides et les Almohades comme on vient de le voir. La petite mosquée était devenue la Karaouyine.

  Son sort paraît s'être décidé en 956, date à laquelle l'émir zénète Ahmed ben Abou Bekr Saïd ben Otman demanda au calife oméyade Abderrahman de lui fournir les moyens de l'agrandir. Abderrahman lui fit parvenir le cinquième du butin fait sur les chrétiens en Andalousie. Ahmed fit alors bâtir le minaret et agrandir la mosquée vers l'est, l'ouest et le nord. Ce fut d'ailleurs insuffisant à la suite de l'extension de la ville sous les Almoravides et les Almohades et un dernier agrandissement fut consacré par la porte reconstruite de Bab Chemaïne en 1203. La Karaouyine avait déjà son université depuis plus d'un siècle à cette date, c'est à dire au temps de Philippe Auguste. C'est une vieille dame très vénérable (l'université de Paris ne fut fondée par Abélard qu'en 1154). Elle présida aux échanges culturels avec l'Andalousie qui amenèrent au Maroc des Avempace (Aban Bekr Ibn Bajia) et le Roudhat El Azhar est dû à un mouaqqit (préposé aux heures) de Karaouyine : Abderrahman El Jadiri. On y enseigna la médecine suivant Avicenne ( Aban Ali El Hossine Ibn Sinaï) et Avenzoar ( Abou Merrouane Abdelmalek Ibn Zohr). A cette époque, un enseignement aussi complet était un modèle et faisait de Fès la grande cité intellectuelle de l'Islam. Aujourd'hui cet enseignement a été rénové et porte surtout sur le droit coranique et la langue arabe, préparant notamment au concours de cadi.




L'université de Karaouyine dans sa forme moderne

  (Pierre Bach Courrier du Maroc juin1953).

  Nous avons retracé le développement à travers les siècles de la mosquée Karaouyine. et de l'université Karaouyine qui connut toute sa grandeur du XI ème au XIV ème siècle.  Déchue ensuite
par manque de moyens, cette université fut rénovée par le Protectorat et un dahir du 31 mars 1933
consacra sa réorganisation.

  A l'heure actuelle, l'enseignement de la Karaouyine porte sur le droit musulman, ou chraa et sur la littérature arabe. Il comprend trois cycles : primaire (3 années d'étude) ; secondaire (6 années) et supérieur (3 années) En1952 le nombre total ces élèves était de 1960.

  Les matière de l'enseignement primaire sont : la morphologie, la syntaxe,  la théologie, le droit
dogmatique (notamment le malékite d'après Sidi Khelil), les belles lettres et l'arithmétique.

  Le cycle secondaire comporte : le droit et ses sources, la grammaire, la rhétorique, l'arithmétique, la géométrie, la cosmographie (1), la logique, la théologie et les traditions du Prophète ou hadits

  Le cycle supérieur comprend deux sections : la section juridique (droit, ses sources, les traditions, l'exégèse coranique) et la section littéraire ( belles lettres, histoire de la littérature arabe, histoire et géographie)

  A la tête de la Karaouyine existe un « medjless el ilmi » composé d'un président, d'un vice-président, de deux inspecteurs et d'un censeur. La majorité des étudiants est logé par répartition entre les dix médersas de Fès.

  Les examens de fin d'année sont très sérieux et le vizir Hadj Benacherine se déplace de Rabat pour y assister

  (1) Des personnes se sont étonnées de voir la cosmographie  encore dans l'enseignement de la Karaouyine comme une matière importante et ont évoqué l'astrologie des universités italiennes moyenâgeuses. Il n'y a rien de comparable. L'astronomie est employée à Karaouyine pour déterminer avec certitude l'heure de chaque prière, qui a son prix pour un bon musulman- le commencement et la fin du Ramadan- et surtout,  pendant la durée du mois de jeûne, l'heure précise à laquelle on peut le rompre, (et ensuite le recommencer). Heure, minute, attendues avec impatience par un peuple de croyants dont le gosier se dessèche depuis l'aube, trop souvent par 40 ° à l'ombre.

  Le Musulman ne peut en effet se contenter de notre fuseau horaire, inventé par les chemins de fer. Il lui faut l'heure vraie des astres. Nous nous souvenons avoir contrôlé la construction de la mosquée de Petitjean, et lorsqu'il fut question d'une horloge, toute l'assemblée poussa les hauts cris pour obtenir un cadran solaire. La Karaouyine est munie non seulement d'un minaret, mais aussi, d'une tour-observatoire où monte chaque nuit le mouaqqit, le préposé du calcul des heures et minutes, muni d'une astrolabe et d'un sextant (ou plus exactement, d'un quart de cercle, instrument que les astronomes de nos ancêtres appelaient le Bâton de Jacob, au temps de Christophe Colomb). Au moyen de ces instruments et des connaissances apprises à l'université, il détermine l'heure vraie avec précision et le reporte aujourd'hui sur un chronomètre. Au XIV ème siècle, il réglait chaque jour une horloge hydraulique, la magana « âme d'eau et de bronze », dit le Roudh El Qirtas, qui, avec plus de précision que le cadran solaire, fournissait l'heure de jour comme de nuit, en particulier pour déterminer le moment de la rupture du jeûne, qu'annonçaient aussitôt les grandes trompettes et le canon, lorsque celui-ci eut été inventé, première modernisation portant sur la puissance du son et de l'avertissement aux croyants. Les Français ont, du reste, prêté à cet usage leur 75, mais les oulémas de Karaouyine ne leur en ont pas manifesté de reconnaissance.



La tour du Muezzin de la mosquée Karaouyine
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Kais GHOMRI

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MessageSujet: L'enseignement à la Karaouiyine   Sam 14 Déc - 12:05

La Karaouiyine a perdu beaucoup de son lustre mais garde toujours  de l' aura et du prestige.
Certains comparent l’enseignement dispensé par cette université à  Internet. C’est gratuit, on y rentre ou on se connecte  quand on veut, on  a le choix des enseignements dispensés, on le quitte ou on se déconnecte  quand on veut, et on ne demande pas de justificatifs  à celui qui veut apprendre. Les artisans et autres manœuvres de Fès avaient et ont toujours peut être,  l’habitude de venir avant ou après leur labeur,  assister aux cours dispensés à longueur de journées  par les différents  Ulemas. Il y a toujours de la place , car il n’a y a pas de chaises , il suffit de se pousser un peu. L’enseignement  y est permanent,  gratuit  et ouvert à tous sans distinction
« Les ulémas de Fès sont les « prophètes » d’ailleurs  et les artisans de Fès ont la même qualification en sciences religieuses que les  ulémas d’ailleurs »
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MessageSujet: Re: UNIVERSITÉ KARAOUYINE   

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UNIVERSITÉ KARAOUYINE
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