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 LE MSID par Mohammed Zghari

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ouedaggaï

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MessageSujet: LE MSID par Mohammed Zghari   Jeu 8 Déc - 10:27

Conférence faite aux « Amis de Fès » le 3 février 1938 par Si Mohammed ZGHARI, président de l'association des Anciens élèves du Collège Moulay-Idriss

Texte publié dans le Bulletin de l'Enseignement Public du Maroc. Avril-mai 1938. 25 ° année.


Je remercie Isabelle Crouigneau-Vicaire qui m'a communiqué le texte


Mohammed, fils encore unique, dormait sur son petit matelas, tout près de ses parents, de ce sommeil de l'enfant qui s'est bien amusé. Une bonne santé reluisait sur ses joues roses qui faisaient la joie de son père Abdeslam le cordonnier et de sa mère Mina.

Depuis déjà un moment, ils le couvaient d’un regard plein de tendresse.

Tout à coup, Abdeslam se rappelant qu’il devait entretenir son épouse d’une question importante, lui dit:
« Mina, notre fils ne vient-il pas d'atteindre six ans ? Dans un an il en aura sept, premier stade dans la vie, et il lui faudra, à partir de ce moment-là, faire ses prières de façon suivie. Je ne veux pas que mon fils soit cordonnier, bien que, louange à Dieu, ce métier nous assure notre modeste existence ».

On aurait pu discerner, en cet instant, dans le regard de la mère, une sorte d'angoisse mêlée d’espoir sur la destinée de l'enfant qui dormait. Il lui sembla qu’il avait grandi et qu'il était même devenu un grand homme. Enfin, elle leva les yeux vers le ciel en disant « ô mon Dieu, mon espoir est en Toi ».

Abdeslam le cordonnier continua :
« Si tu avais vu, ô Mina. Qu’il était beau et sur lui et autour de lui était la lumière divine, le grand aalem (savant) Sidi Ahmed qui a prêché aujourd'hui du haut de la chaire de la mosquée de Moulay-Idriss. Il nous a dit que notre Prophète aimait beaucoup la science et que les parents d’un savant obtiennent d’Allah la plus grande récompense.

Et moi qui ne sais même as écrire mon nom, qui suis l'ignorant auquel le prédicateur a fait allusion, j'enverrai mon fils au m'sid. Cette résolution, je l’ai prise dans la qoubba même de Moulay-Idriss».

Abdeslam et sa femme furent d'abord un peu embarrassés sur le choix du m'sid.

Celui-ci était trop loin de leur demeure, le fqih qui dirigeait celui-là était trop sévère, disait-on ; tel autre ne l'était pas assez.

Enfin, on se mit d'accord sur le m'sid -El-Kaf, car Sidi Ali était un vieillard très pieux. Il était même iman d'une mosquée et, mieux encore Mina lui devait la vie. Elle rappela à son mari l'intervention de Sidi Ali, après trois jours de douleurs, de pleurs et d'angoisse que lui occasionna l'accouchement de Mohammed. Le Fqih Sidi Ali avait, en effet, ordonné aux tout petits du m’sid de former une procession pour passer de rue en rue et de mosquée en mosquée, une nappe tendue et tenue par les franges au milieu de laquelle on avait placé un œuf, symbole de la vie. Ces bambins ne s'étaient pas arrêtés de réciter tous en chœur « Une femme souffre de son accouchement - Seigneur accorde lui la délivrance. Nous t'adjurons par les versets de Taha et Yassin ». Certes, les prières de tant de petits innocents auxquelles s'ajoutaient celles de tous les passants, des femmes, surtout, que la vision d’une telle souffrance faisait pleurer, ne pouvaient demeurer sans effet et, avant même que les élèves ne fussent de retour au m’sid, Mohammed était né et sa mère avait été délivrée.

Autre raison, Sidi Ali n'était-il pas le premier maître de plusieurs ouléma que l’on vénérait parmi la population de Fès ? N'avait-il pas, par conséquent, ce don divin que l’on appelle « el fefh »et qui rend les esprits accessibles à la science ?
Abdeslam le cordonnier se dirigea, dès l'aube vers le souk el-attarine où il acheta une planchette, quelques plumes de roseau et un encrier.

Quand il revint, son fils était déjà réveillé. Il le prit par la main et le conduisit au m'sid-El-Kaf à peu de distance de la maison.

Une petite porte qu’une seule personne pouvait à peine franchir en se baissant. donnait accès au m’sid. C'était une pièce rectangulaire, d’une vingtaine de mètres carrés de surface et dont le sol était couvert d'un plancher. On voyait là, serrés les uns contre les autres, une cinquantaine d'élèves, assis par terre et tenant entre les mains une planchette avec les versets du Coran qu'ils devaient apprendre. Aucun d’eux n’était de la force de l'autre car ils avaient tous été admis au m'sid à des âges différents; aussi ne fallait-il pas songer à trouver une même leçon sur deux planchettes. Ils lisaient tout haut et il n’était guère possible de distinguer un mot dans le tumulte de ces cinquante voix. Sidi Ali,le fqih dominait, assis sur sa " doukania" (petite élévation en maçonnerie adossée à un mur, généralement près de la porte), sa grande baguette de cognassier à ses côtés.

Tout à coup, ce petit monde tapageur s'arrêta, comme sous l'influence d’un effet magique : le visage d’un homme avait paru à la porte.

C'était Abdeslam le cordonnier. Celui-ci salua le fqih, lui demanda des nouvelles de sa santé, le complimenta longuement et lui présenta son fils, en disant:
« Voici, mon fils Sidi Mohammed, il est désormais ton fils, son éducation t'appartient. Frappe-le, si tu le tues, moi, je l'enterrerais»

Après ces mots traditionnels, il demanda une fatiha (prière) pour l'amour de Dieu.

Le fqih joignit alors ses deux mains, la paume ouverte vers le ciel et dit tout haut :
« Fasse Dieu que nous ayons de lui le germe et le fruit. Qu’il le dirige du côté du bien... »et d'autres prières encore auxquelles les élèves, tous en chœur, ajoutaient « Amin Naan'ess » (Amen : Monsieur le maître). Puis, on termina par la récitation du premier chapitre du Coran, après quoi les mains se portèrent vers le visage, comme signe de la fin et Abdeslam se retira en glissant dans la main du fqih quelques pièces de monnaie.

Désormais, Mohammed était élève et ses camarades s’étaient bien serrés pour lui laisser la petite place qu’il lui fallait.

Sa planchette portait maintenant quelques mots écrits en grosses lettres par le fqih.

Il répétait machinalement ce qu’on lui disait quand un cri retentit de toutes les bouches:« Dieu vous fasse miséricorde ». Le maître avait éternué.

A l'avenir, Mohammed fera comme les autres ; il n'appellera pas le fqih par son nom, mais il lui dira « Naam'ess »(oui Monsieur). Et même parlant du fqih, il dira :hier j'ai vu « naam’ess» dans notre rue ».
Quelques jours ont suffi pour le mettre au courant des usages du m’sid.

Ainsi, si on éprouve le besoin de sortir il faut lever la main, les doigts fermés, et, avec le pouce faire signe. Le fqih répond d’un mouvement de tête affirmatif ou négatif. Pour bien retenir, on lit en se balançant d’un rythme régulier et en scandant sur la planchette à petits coups de poing ou au moyen d’une « tebaa » (petit morceau de bois ciselé portant quelquefois des incrustations et des dessins en plusieurs couleurs).

Le soir, avant de partir, on suspend sa planchette à un clou au mur.

Quelques enfants apportent sous leur jellaba des friandises ou seulement un morceau de pain qu’ils mangent, à la dérobée, en se cachant le visage derrière leur planchette.

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Tous les matins, les élèves qui ont appris la leçon de la veille, viennent la réciter, debout devant le fqih et gare à ceux qui ne la savent pas. Celui-ci est intransigeant et sur un clin d’œil, un gaillard d’enfant vient coucher le paresseux sur le dos, lui tient les pieds en l'air, tandis que le fqih lui applique quelques coups. Il pleure un moment puis il dit à son voisin qui le regarde un peu de travers : « Je l’ai mangée (la bastonnade) et elle refroidira comme du couscous dans le plat ».

Hélas, Mohammed aussi a eu sa part de ce châtiment, mais pour une autre cause. C'était un mardi. Le mardi, quel triste jour pour les élèves et ils l'appelaient très justement le jour noir. Le fqih exerçait une vigilance particulière ; les élèves, harcelés, par les mouvements continuels de la baguette ne s’arrêtaient pas un seul instant et les punitions pleuvaient pour les motifs les plus divers.

Pourtant Mohammed respectait le fqih et lui embrassait la main tant à l’aller qu’au retour. Comme les bons élèves, il lavait sa planchette tous les jours et la leçon qu’il effaçait était bien apprise. On lui avait même dit que s’il embrassait les baguettes du fqih, celles-ci n'oseraient pas le toucher; aussi ne manqua t-il pas de le faire plusieurs fois en l'absence de Sidi Ali.

C'est sa conduite à la maison qui lui valut cette punition. Il n'avait pas été sage, il avait fait la moue et, pour contrarier sa mère, il avait refusé de manger ce soir-la.

Qui a donc rapporté tout cela au fqih ? Grâce au concours mystérieux de « Aïcha Debbana », celui-ci sait tout.

Ah ! si on pouvait attraper, voir seulement « Aïcha la mouche » qui guette les enfants et les espionne t!

Mohammed a conclu qu’il fallait à partir de ce jour-là s'en méfier. Il était convaincu que Sidi Ali avait des « Jenoun (génies) à sa disposition et que, peut-être, il était possesseur de la puissante bague magique « Khatem el hikma ».

Comment ne pas le croire lorsqu'on remarquait avec quelle facilité il pouvait dicter à une trentaine d'élèves, au seul rappel du dernier mot inscrit sur les planchettes, la suite des versets qui convenait à chacun d'eux.

Pour les élèves déjà avancés, il écrivait, en outre, au bas des planchettes, quelques vers d'Ibnou-Achir sur la théologie ou d’Alfia, sur la grammaire.

Au m’sid on doit tout apprendre par cœur, sans explications; car il est inutile d'anticiper les temps, ceux dont la vocation est fixée iront à Qarawiyine et ce sera autant d'appris.

Un jour, un grand élève prit la planchette de Mohammed sur laquelle il écrivit, après avoir tracé tout autour des dessins formés d’arabesques, le verset « Dis : Dieu est unique ».

Mohammed, tout fier, l'apporta à ses parents.

Abdeslam le cordonnier comprit qu’il fallait fêter cette première « khatma » (fin de chapitre) .

Le lendemain, on sortit les habits neufs de Mohammed et une voisine complaisante avait même consenti à prêter pour cette cérémonie, un burnous de velours vert et une calotte brodée d’or.

Ainsi vêtu, il se rendit au m'sid d’où il revint aussitôt au milieu de tous les élèves qui, de loin, avaient commencé à crier :
« Jeïbouh. Jeïbouh. la Farhet lmmah ou bouh ». (On l'amène.On l'amène. 0 joie de sa mère et de son père).

Le cortège fit son entrée à la Maison et Mohammed fut placé dans une meïda (plateau) tapissée de broderies; il fut porté en triomphe par les plus grands alors que tous chantaient à la ronde: « Où le poserons nous ? Où le poserons nous ? C'est entre les mains de sa mère et de son père ».

La cérémonie se termina par la distribution de lait et de dattes aux enfants et par un petit don au fqih, puis chacun partit chez soi car, en cette circonstance, ils eurent congé pour le reste de la journée.

Mohammed aimait beaucoup ses petits camarades et il demanda à son père de les recevoir chez lui, car on venait de fêter l'Aïd el Kébir et c'est à cette époque qu'ont eu lieu les « achicha qdira » ou banquets d'enfants.

La mère avait préparé de son mieux les mets et les dix bambins invités étaient copieusement régalés.

Ainsi chaque fête appela ses réjouissances.

Celle du Mouloud donna lieu au Sebaa-Mouloud et,cette fois-ci Mohammed présenta à son père un billet écrit de la main du fqih, ainsi rédigé:
« El maalem sidi Abdeslam, Salut sur vous. Ensuite, les élèves ont décidé de fêter la naissance de notre Seigneur Mohammed, lundi prochain. Nous avons fixé la cotisation à un pain de sucre. Salut »

Ceux dont lasituation était plus aisée, devaient donner le sucre, le thé, un tajin (mets). Les plus riches avaient à prêter en outre, leurs services à thé argentés.

La fête eut lieu dans la petite mosquée avoisinant le m'sid, dans cette mosquée même où les élèves venaient pendant les grandes chaleurs quand le m’sid était transformé en fournaise.

Au commencement du jour, les petits enfants proprement habillés, arrivèrent les uns après les autres, chacun tenant l'offrande à faire au fqih.

Ils étaient libres de s'amuser.
Ils formèrent des groupes, les sabres de bois à la main, la tête couverte de chéchias de papier coloré de dessins fantaisistes, jouets que quelques-uns avaient soigneusement gardés depuis le Mouloud dernier.

Ils jouent aux soldats, se mettent en rang, exécutent les mouvements ordonnés par leur petit commandant, puis, ennuyés d'un jeu monotone, ils se mettent à courir,ainsi équipés, dans les rues. Ils reviennent, se reposent, prennent le thé et recommencent.

L'heure de manger venue ceux qui avaient été chargés de faire préparer des mets, se retirèrent pour revenir quelques instants après, accompagnés de portefaix portant sur leur tête la « meïda » contenant un plat entouré d'une dizaine de pains ronds. Ce n'est qu'à la tombée du jour, quand tous furent bien rassasiés qu'ils s'en allèrent chez eux.
Les parents des élèves n'avaient pas manquer de témoigner leur satisfaction au vieux maître Sidi Ali par de nombreux cadeaux et il était bien content.

Le jour de l'Achoura, dixième jour du premier mois de l'année fête les enfants. Mohammed fut réveillé bien avant le lever du jour. On sortit de nouveaux les habits neufs et son père lui remit deux grands cierges de cire, cadeau traditionnel à faire au fqih au seuil de l'année nouvelle. D'autres élèves avaient bien apporté de l'argent, en plus, mais Abdeslam le cordonnier était pauvre et son fils prit néanmoins une attitude un peu fière, à côté des enfants qui bien plus pauvres que lui n'avaient apporté qu'un seul cierge ou étaient venus simplement les mains vides. Le m'sid était inondé de lumière. Cent verres suspendus aux fenêtres et au plafond, avaient été placés la veille. Tout avait été apporté par les élèves: les verres, l'huile d'olive, le coton pour les mèches. Les Habous de Qarawiyine avaient bien voulu donner un peu d'huile ; reçue bien trop tard elle resta au fqih, malgré l'insistance d'un élève qui était disposé à aller chercher d'autres verres et à les placer tout seul.

Mohammed prit donc sa petite place habituelle et se remit à lire sa leçon de la veille, avec le même enthousiasme. Il fallait bien commencer l'année par le travail. Son père qui le lui avait dit était allé lui-même comme presque tous les artisans, d'ailleurs, travailler jusqu'au lever du jour, car en le faisant, l'année entière se poursuivrait dans un travail ininterrompu et, partant, dans le bonheur.

Mais l'huile se consumait et les mèches s'éteignirent une à une. D'ailleurs il faisait grand jour et, sur un signal du fqih on récita quelques prières et chacun partit chez soi pour quelques jours de repos.

Plus tard, un élève venait de terminer le soixantième chapitre du Coran. Il ne les avait pas tous retenus car, pour être maître du Livre, il faut l'apprendre puis le réapprendre deux ou trois fois avec le concours, bien entendu, de la planchette.

Ce fut donc la grande fête de « Habibna » chez l'heureux élève et le couscous au lait fut servi à de nombreux convives parents ou amis.

Les moussemmeïns», formant un concert de voix sans instruments, chantèrent les louanges du Prophète.

Tout le petit monde se trouva réuni, sous la surveillance de Sidi Ali que l’on reconnaissait facilement grâce à la longue baguette dont il ne se séparait jamais.

Les enfants furent servis comme les grandes personnes, aussi avec quelle joie se plaçait-on par groupes de dix autour des tables rondes.

Dès qu’ils eurent fini, ils se levèrent, sur l'ordre du maître formèrent un cercle autour du « rida», grande nappe brodée de soie qu’ils tenaient par les franges.

La planchette bénie, celle qui avait servi à l’élève et sur laquelle on voyait encore les derniers versets entourés d’un cadre de dessins artistiques, fut placée au milieu du « rida ».

Dans un geste de pieuse déférence, tous les invités se levèrent. Les « moussemmeïns » lurent de leur belle voix le poème dédié à « Habibna » (Notre ami) Sidna Mohammed et le refrain en fut répété par l'assistance.

Heure solennelle où les hommes, dans une émotion profonde essuyaient de temps en temps les larmes abondantes qui leur venaient aux yeux.

De tous les côtés une pluie d'argent tombait dans la nappe et la planchette disparut sous cette avalanche.

Chacun avait tenu apporter dans la mesure de ses moyens cette aide au vénéré Sidi Ali, le fqih bien réputé du m’sid El Kaf.

Mohammed, fils d'Abdeslam le cordonnier arrivera-t-il un jour à Habibna? Répondons tout de suite non. Car le fqih Sidi Ali a abandonné le m'sid El Kaf. Le père d’un élève avait osé venir lui faire une observation au sujet d'une punition qu’il avait jugée trop sévère pour son fils. On parlait d'un m’sid rénové où l'on avait la prétention de tout enseigner et de tout expliquer. Il n’a pu, pauvre fqih, admettre ce bouleversement des choses. Et même le m’sid El Kaf, abandonné pendant plusieurs années, tomba en ruines et à sa place on construisit une porte monumentale, celle de la Zaouia Kettaniyne.

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