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 MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)

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ouedaggaï

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MessageSujet: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Lun 13 Juin - 9:39

Il s'agit du texte d'une conférence promenade qui a eu lieu le 14 février 1954 sous la conduite de Si Mohamed BERDELLAH et Maurice NENY, dans le cadre des excursions et promenades proposées par les "Amis de Fès" pour faire découvrir à leurs adhérents les quartiers de ville ou les environs de Fès.
Ces promenades se terminaient souvent par la dégustation d'un thé à la menthe, offert par un des participants marocains qui accueillaient le groupe dans sa maison ce qui permettait de poursuivre les discussions dans un cadre convivial.

Le texte, qui m'a été donné par la fille d'un des conférenciers est une suite de commentaires ou de petites "vignettes" à propos de l'histoire des lieux visités ce jour là dans le quartier des Andalous.

L'intérêt de ces textes est bien sur lié à la qualité et à l'érudition des conférenciers, toujours passionnés par l'histoire du Maroc et de Fès en particulier, et experts ou "amateurs très éclairés" dans les domaines qu'ils acceptaient de traiter. Il faudrait envisager de refaire ces circuits aujourd'hui et de voir l'évolution de ces quartiers et monuments.

Je profite de ce petit commentaire pour renouveler mon appel à ceux qui auraient dans leurs tiroirs les textes de ces conférences. Ce sont des témoignages importants ....... diffusons les !



La rive des Andalous

Notre pèlerinage de ce jour nous a conduit sur l'emplacement où naquit la cité d'Idriss.

La mosquée An Nouar ou Achiakh, c'est à dire de la Fleur ou des Chefs, que nous avons contournée tout à l'heure, est réputée avoir été bâtie sur le lieu où fut dressé le premier camp d'Idriss II. Ce n'est qu'un an plus tard qu'il se transporta dans la Ville Haute et planta sa tente près du Sanctuaire où il est honoré, à l'endroit où s'élève une construction qu'on appelle encore Dar al Gaitoun (la Maison de la Tente).

Je ne rappellerai qu'à grands traits l'histoire d'Idriss Ben Abdallah, descendant d'Ali, l'un des vaincus de la bataille de Fakhkh qui opposa son cousin Hosaïn, champion des Alides à Solaiman, général Abasside. Bien à tort, la tradition populaire confond souvent cet Hosaïn avec le second fils d'Ali que Yésid Ben Moaouia fit assassiner à Kerbala en 679. L'Hosaïn de Fakhkh est le petit-neveu de celui-ci et périt en 786 cent sept ans plus tard.

Idriss, en fuite, arrive à Tanger en 788, puis à Walili où le conduit son affranchi Rachid. Il fait alliance avec les Berbères Aouréba, se rend maître du Chella, du Tadla, du Haut Sebou, vassalise Tlemcen. Traitreusement empoisonné par un envoyé d'Aroun El Rachid, Soleiman Ben Djarir, il se meurt sans héritier en 791. Pourtant une de ses concubines berbères, Kenza, alors enceinte de sept mois, donnera le jour à Idriss II qui recevra une éducation soignée et sera proclamé Emir en 803. Il avait alors 12 ans.

Vers cette époque, arrivent d'Espagne et d'Ifriquyia, cinq cents cavaliers de race arabe qui prêtent serment d'allégeance au jeune souverain et ne tardent point à constituer un maghzen sur lequel il appuiera dorénavant son autorité.

L'activité politique de ces immigrants et le dépit qu'inspira leur faveur, durent modifier les sentiments que vouaient les populations du Zerhoun au jeune Idriss II, fils du pays et issu d'une conjonction arabo-berbère.

L'assassinat d'Ishaq Ben Mohamed, le chef Aouréba, qui avait accueilli son père, n'améliora pas ces relations. Après une prospection dont il chargea son vizir, Omair Ben Mosab Al Azdi, Idriss, soucieux de fonder une nouvelle capitale, arrêta son choix sur un terrain situé le long de l'oued Fès et particulièrement adéquat à l'installation d'une ville, terrain qu'il acheta pour 6 000 drachmes au Béni Al Khair , fraction des Zouagha. Il s'y établit à l'endroit dénommé Djérouaoua et fit entourer son camp d'une palissade en bois. Ceci est le schéma de la fondation traditionnelle de Fès, rapportée par El Bekri, l'auteur du Quirtas, d'autres grands écrivains et ceux qui les ont copiés. Elle aurait eu lieu en 808.

Pourtant, s'appuyant sur certains historiens andalous et sur la découverte de monnaies frappées en caractères arabes, et portant sur les dates de 801 et 805, MM. Levi-Provençal et Terrasse émettent l'hypothèse de l'existence antérieure à ces évènements, sur l'emplacement qui nous importe, d'une bourgade, d'ailleurs peuplée en partie d'Aouréba, qu'aurait déjà contrôlée Idriss Ier, pendant son règne de trente deux mois, et qui serait restée soumise aux régents Rachid et Abou Khaled Yazid.

Médinat Al Fès, la cité de la rive droite aurait donc pu être déjà l'apanage d'Idriss II, et ce serait, sans doute, après s'y être établi, qu'il acheta, pour six mille drachmes le seul territoire de la rive gauche, où il construisit le quartier des Kairouanais qui, pendant fort longtemps, ne fut point appelé Fès mais Al Alya, la Ville haute.

Médinat Al Fès consistait probablement, à cette époque, en une agglomération de villages, habités par des berbères de confessions diverses mais réunis déjà en organisation municipale et dont la Djemaa tenait ses assises à Guerouaoua. C'est, je crois, ce qu'à déduit M. Bach de l'étude étymologique de ce mot.

Les auteurs arabes, subjectifs par formation, n'ont que très peu témoigné sur cet état de choses qui leur apparut sans doute, peu honorable et indigne d'un rapport. Quelques indices, néanmoins, nous éclairent: Bab Kanissa – la porte de l'église – aménagée dans la partie Est de la première muraille ouvrait, plus que probablement sur un faubourg habité par des Chrétiens; à Chibouba, près de l'actuel pont de Bin el Mdoun s'élevait le temple des Adorateurs du feu, certainement Parsis, sectateurs de Zoroastre. Enfin, il est question, jusqu'à l'époque zénète d'une porte dite Bab Al Djizyine, que M. de Castrie place entre Bab Al Hamra et Bab Ftouh, mais qui pourrait bien être d'après les indications topographiques qu'il donne Bab el Hamra elle-même. Or Djizyine découle de Djizya, proprement la capitation, l'impôt que les conquérants musulmans prélevaient sur les populations non converties qu'ils vassalisaient.

Il est donc à peu près certain que, sous la domination des Idrissites et, peut-être, jusqu'à l'avènement des réformateurs almoravides, la Fès de la rive droite, Médinat Al Fès, resta une cité cosmopolite et abrita de nombreux infidèles, tandis que Al Alyia, la rive absolument neuve de la rive gauche, conquise sur une jungle sauvage hantée par les sangliers et les fauves, ne fut peuplée que d'immigrants musulmans, kairouanais pour la plupart. D'ailleurs, elle abrita aussi une communauté juive dans ses quartiers de Blidah et du Fondouck El Youdi, et c'est après avoir poursuivi jusque dans l'intérieur du bain public une de ses belles sujettes, de confession israélite, que mourut Yahya Ben Mohamed, le dernier souverain idrissite de la lignée légitime et que le pouvoir passa à ses cousins du Riff.

Ainsi s'explique la raison de l'enquête sur la situation juridique des biens fonciers de la ville basse, que Mansour Ben Abi Amir, ordonna à l'époque protozénète et à laquelle Sidi Bou Jida fournit une adroite conclusion.

En tout cas, huit cents familles andalouses, venues de Cordoue, l'antique Secunda révoltée contre l'omeyade Al Hakam, s'établirent en 814 à Médinat Al Fès et ce sont elles qui poussèrent activement à la construction de la première enceinte, suivant un plan en forme d'ovale irrégulier, dont les axes mesuraient environ six cents et huit cents mètres.

Une première porte, Bab Al Quibla, marqua la direction supposée de la Mecque, dont l'angle de position par rapport à Fès est sensiblement Est 30° Sud, et permit l'orientation des mosquées. De là, la muraille continua vers l'ouest jusqu'à Bab Al Fouarat, remonta vers Bab Al Mokhfia et Bab Chiboubaqua vers l'Est en ménageant Bab Abi Sofyan, puis redescendit vers Bab Al Kanissa et Bab Al Quibla.

Il se pourrait que cette enceinte ait délimité une enclave purement musulmane bâtie en matériaux durables, dans l'agglomération beaucoup plus vaste et moins homogène qui la débordait au Nord, à l'Est et au Sud.

A la fin de l'époque Zénète, l'émir Dounas, probablement soucieux de se prémunir contre une attaque des Almoravides qui avaient alors, entrepris la conquête du sud marocain, fit entourer de murs tous les faubourgs et l'emplacement de ces murs dut en de nombreux points, coïncider avec le tracé actuel, peut-être même s'étendre au delà, ce qui expliquerait l'orientation de certaines portes, Bab Al Hamra par exemple.

Dounas laissa deux fils, Fotouh et Adjissa. Le premier gouverna la ville basse et le second la ville haute. Fotouh construisit une citadelle, El Keddan, dont on n'a pas retrouvé de traces mais qui laissa son nom au quartier que nous visitons. Il fit également percer la porte de Bab Ftouh au pied de laquelle il est enterré et qui devenait, sans doute, indispensable après la fermeture de Bab Al Hamra décidée à la suite du miracle qui se produisit lors des obsèques de Darass Ben Smaïl.


Les deux frères vivaient en mauvaise intelligence. Une bataille les mit aux prises en un lieu dénommé Kahf Al Waqqadin – la colline de ceux qui se tiennent debout - Adjissa y fut tué. Ce champ clos, sorte de Prè-aux-Clercs, connu également sous le nom de Koudiat Al Foul – le Coteau des Fèves – était le théâtre habituel des règlements de comptes entre les habitants des deux villes. Bien que je pense qu'on peut le situer sur l'une ou l'autre rive, entre le Pont des Teinturiers et celui de Bin Al Mdoun cet emplacement est aujourd'hui perdu. Néanmoins, lorsqu'une querelle dresse un Kairouanais contre un andalou, le plus combatif des deux prend toujours son adversaire à la gorge et les yeux exorbités, lui propose encore « y allah, nmichieu Al Koudiat Al Foul.

Dounas fit construire six ponts sur l'oued. Celui d'Abou Barkoka ou du Recif, de Bab Selsela ou des Savetiers, de Sabbaghin ou des Teinturiers, subsistent encore; les autres ont disparu, emportés par la grande inondation de 1325.

O gens de la Mokhfia et de Sidi Al Awad, qui avez tremblé récemment, lors d'une nuit tragique, où l'eau envahit vos demeures, vous savez bien que vos pères ont connu de semblables émotions et de plus violentes encore, puisqu'ils décidèrent qu'une maison de ces quartiers ne vaut pas « une fève grillée »: Eddar fi Kzam ibn Barkouka ma tsoua chi foula mahroûka.

Constatons en passant, que la fève de l'Epiphanie et des Saturnales est fort estimée par les habitants de Fès. On exprime volontiers ici ce que nous traduirions par « Tel père, tel fils » ou bien « Bon chien chasse de race » en disant « Men Al foul Al bissar », le bissar étant une délicieuse fricassée de fèves dont rafollent les gens du commun. Ainsi du coteau des fèves à l'insignifiance de la fève grillée et au bissar s'affirme la grande place que tient ce légume dans le coeur des fassis.

Ce fut l'Almoravide Youssef Ben Tachfin qui réunit les deux villes et fit abattre les remparts qui les protégeaient l'une de l'autre sur la rivière. Il fit construire Sour Zitoun ben Atya, cette pointe avancée que coupe la route actuelle, exactement au pied du Bordj Sud.

L'Almohade Abd El Moumen, qui, probablement, n'était point sûr de la fidélité de Fès, ordonna quand il s'en fut rendu maître, après un long siège au cours duquel il l'inonda, que de larges brèches soient pratiquées dans ses murailles. Yacoub El Mansour, son fils Nasir Li Din Allah, dont le souvenir est attaché à Bab Mahroûq et à la mosquée des Andalous, puis les Mérinides, les rétablirent dans leur continuité.
A cette époque, la Fès de la rive gauche était desservie par Bab Ftouh, Bab Khoukha et Bab Béni Msafer, dont l'emplacement coïncide peut-être avec celui de la vieille Bab Abi Sofyan.

Il semble que l'attirance de la Ville Haute ait déplacé, au cours des siècles, vers l'Ouest, l'activité de la rive des Andalous. Les quartiers de Keddan, du Remilah, de Kowas, d'Al Gzira et de Mokhfia, compacts et à densité de population élevée, se différencient peu de ceux qui leur font face sur la rive des Kairouanais. Par contre Fekharine, il y a quinze ans, n'était guère qu'une zone de jardins ou s'exerçait la pittoresque activité des potiers. La mise en valeur du lotissement de Bab Khoukha et du quartier de Guerouaroua, les grands chantiers entrepris entre Sidi Mimoun et la Kasbah de Tamdert lui ont donné, depuis une physionomie nouvelle. Le quartier de l'Oued Zitoun est occupé dans sa plus grande partie par le cimetière de Bab Al Hamra. Sous les Zénètes et les Almoravides, y étaient installés les bouchers, y fonctionnaient les célèbres fabriques de papier qui fournissaient l'Espagne et peut-être la Chrétienté.

Au delà des murailles, vers l'Est, on parqua longtemps les lépreux, afin d'éviter la contamination des eaux. Ils finirent par émigrer vers Bab Charia puis ils furent refoulés dans les grottes vers les Chérarda. Aussi, dans ce pays de tradition, se devait-on d'installer là où il est, et nulle part ailleurs, l'admirable hôpital Cocard, de faire fonctionner à Guérouaroua le centre actif de la Société de Bienfaisance et un asile remarquablement organisé, de construire dans le même quartier, cette réalisation grandiose et pour laquelle on n'a tien épargné, que sera le nouveau Sidi Farradj, moderne établissement psychiatrique.

Pour terminer je ne crois pas sortir de mon sujet, en parlant quelque peu du Sebou, Fès ayant été port de mer – Victor Hugo l'a proclamé dans les « Orientales » où il est question, si j'ai bonne mémoire, d'une galère capitane, armée de quatre vingts rameurs, cinglant de Fès à Catane – et les génies, comme vous allez le voir, ne se trompent jamais.

Un atelier de constructions navales existait à l'endroit que l'on appelle encore Dar Sina, non loin du confluent de l'Oued Fès et du Sebou. Abd El Moumen y mit en chantier, toute une flotte qui gagna la mer par le fleuve et prit part au blocus de Mahdhya en Tunisie qu'il entreprit en 1157.

Abou Inan lança en 1355 à Khalouan, près de Sidi Harazem, deux challirs(?), nefs mâtées et peut-être pontées l'un pour cent vingt et l'autre pour deux cent guerriers. Le maître d'oeuvre chargé de la construction de ces bâtiments, fut un Khazare, donc un turcoman ou un descendant de turcoman de Crimée, Abou Othman Saïd. Il avait convoyé l'année précédente d'Alméria à Fès par le Loukkos et le Sebou, la vasque de marbre blanc, pesant cent quarante trois quintaux, destinée primitivement à la medersa Sahrij et qui fut mise en place dans le patio de la Mesbaya.

Plus près de nous, l'Enseigne de Vaisseau Le Dantec réussit entre le 31 décembre 1911 et le 29 janvier 1912 à remonter le fleuve jusqu'au pont de l'actuelle route de Tissa sur un canot automobile, armé par quatre hommes et de quatre vingt centimètres de tirant d'eau. A l'arrivée, cette embarcation n'avait plus guerre de quille ni de crosse, mais elle avait franchi, sans cesser de flotter, de nombreux gués et seuils rocheux.

Enfin, aussi stupéfiantes que peuvent paraître ces révélations, j'en réserve de plus sensationnelles encore à ceux d'entre vous, qui sur les berges de ce fleuve sinueux et ensablé qu'est le Sebou, taquinent volontiers le barbeau. On y pêcha toujours le « chabel », la succulente alose dont les Fassis ont grandement raison d'être friands, mais aussi à des époques heureuses et s'il faut en croire l'auteur du « Zahrat Al As », le « chouli » (l'esturgeon) et, ce qui est plus incroyable encore, bien que les eaux de nos rivières du Nord soient salées, le « kob » ( le thon), friture, s'il en est, de taille et de choix.

Le texte est de Maurice NENY

Je rajouterai au texte de Maurice Neny, à propos du passé maritime de Fès, qu'en octobre 1947 « le Plougastel IV, yacht de plaisance venant de Casablanca et ayant à son bord les élèves de l'école des Torpilleurs, s'est échoué sur les rives du Sebou, aux environs de Fès » (Courrier du Maroc du 15 octobre 1947).

Enfin, pour ceux que cela intéresse j'avais rédigé sur le forum du site Adafès une petite note sur Fès ville portuaire :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ensuite forum (dans communiquer, à gauche de l'écran), puis Fès et sa région, et vers la fin de la 1ère page, « Fès ville portuaire ».
Une occasion de découvrir Adafès: Amicale des anciens de Fès.



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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Lun 13 Juin - 9:54

Voici la suite du texte de cette conférence-promenade

Bab El Hamra

A gauche de la route qui, par Bab Ftouh, donne directement accès à la Ville en passant près du Mausolée de Sidi Ali Boughaleb, et tout le long de l'imposant rempart qui va en direction de l'oued Zitoun, se trouve un immense emplacement de plus de deux hectares. C'est Bab EL Hamra ou plus exactement Ras El Kliâa, la « tête de la petite enceinte » ou encore « la tête du fortin ».

Depuis plus de quatre siècles, cet emplacement sert de cimetière. Si l'on en croit les textes, il était plus vaste et couvrait largement quatre hectares. Depuis le commencement de ce siècle de l'Hégire on n'a cessé de le grignoter. Ce mouvement s'est accéléré encore depuis une trentaine d'années devant la poussée irrésistible de la Ville. Il n'est pas sans intérêt de noter que le signal de ce sacrilège fut donné par Abdellah Ben Moussa, frère du fameux régent Ba Ahmed et Pacha de Fès, qui tenta de créer une véritable ville à Ras El Kliâa justement près de ses palais: Dar Mac Lean, l'actuelle école primaire de l'Adoua, et Dar Ghernit, et de ses jardins: une grande partie de la rive gauche de l'Oued Zitoun jusqu'à l'impasse Ourbia.

Abdellah Ben Moussa, pour avoir le terrain nécessaire à l'extension de sa nouvelle, s'empara d'une partie importante du cimetière de Bab El Hamra sans se soucier des répercussions graves que ne manqua pas de soulever pareil sacrilège auprès d'une population très sensible à tout ce qui touche de près ou de loin à la religion.

Mais que pouvait elle faire au juste cette population quand on sait que le Pacha, qui jouissait alors de la confiance absolue de Moulay El Hassan, tenait fermement sous sa coupe, la ville et la région. Après sa mort en 1304-H, ce quartier, qui était presque achevé, fut complètement délaissé, à la grande joie des bourgeois du centre de la Cité qui voyaient dans les projets du Pacha la ruine de leur commerce.

De tout cet amas de construction édifié au hasard, sans plan ni étude préalable, seule la Mosquée, qu'on voit encore, a survécu grâce à l'entretien des Habous. L'emplacement autour de cette Mosquée porte encore aujourd'hui le nom de « Souk Abdellah ».

L'actuel Ras el Kliâa n'est donc que le reste d'un immense cimetière qui se trouve à l'intérieur même des remparts de Fès. Mais il n'en fut pas toujours ainsi, Ras el Kliâa était une véritable Kalâa ou Kasbah qui formait un important faubourg de la Ville occupé par les contingents guich, à l'exemple des Kasba Chrarda, Boujloud et même Fès-Djedid. On sait que l'armée du Maghzen marocain était composée en grande partie , si ce n'est exclusivement, de contingents guich levés sur certaines tribus qui jouissaient en contre partie de grands privilèges. Or le Maghzen était tenu de réserver à ces contingents des lieux ou résidences généralement contigus aux villes. Souvent, très souvent même, la Kasba est un poste militaire installé au centre des tribus turbulentes, aux carrefours de grandes routes dites « Trik El
Maghzen » pour surveiller la sécurité des voyageurs. C'est l'origine des Kasbas qu'on trouve à peu près partout au Maroc.

A quelle date fut crée la Kasba ou plus exactement la Kalâa qui nous occupe ?

Il est difficile de lui assigner une date, même probable. Les anciens chroniqueurs, du moins ceux que j'ai pu consulter, n'en parlent qu'incidemment. Les hagiographes, de leur côté, ne la mentionnent uniquement, en tant que cimetière.

La tradition populaire dont il ne faut user que prudemment et avec circonspection, tant la foule qui en est la source a toujours tendance à déformer les faits, fait remonter sa fondation à une époque très reculée, bien avant la fondation de Fès.

Il paraît que la Kalâa faisait partie d'une importante agglomération berbère, les Jraoua, qui habitaient la versant des Gbeb jusqu'au rivage de l'Oued El Kébir, le Bou-Khareb actuel. Moulay-Idriss I, lors de sa prospection du Nord du Maroc, trouva cette population vivant paisiblement malgré la différence des religions qu'elle pratiquait. Il y avait, paraît-il, des chrétiens, des juifs, des kharigites, et même des pyrolâtres. La tradition prétend même qu'une partie de l'actuel Adoua-el-Andalous servait de cimetière à cette population.

Lorsque Moulay-Idriss II créa sa première ville, il engloba une partie de cette agglomération dans la nouvelle Cité et à partir de ce moment, elle prit le nom de Kliâa, nom qu'elle doit conserver à travers les péripéties de l'histoire.

La Kliâa était donc fort importante si l'on considère que deux portes, pratiquées dans les remparts, lui donnaient accès. C'est d'abord Bab el Hamra ou Bab el Jiziyn des chroniqueurs au centre, ensuite Bab el Fouarat à son extrêmité Ouest près de l'Oued el Khir.

Bab el Hamra subsiste encore dans ses moindres détails. Elle se trouve au centre des remparts de la Kalâa à mi-chemin entre Bab Ftouh et Oued Zitoun. L'ensemble de son architecture sobre s'est conservé presque intact. Mais il semble qu'elle ait fait l'objet de nombreuses restaurations dont la dernière particulièrement a été entreprise maladroitement.

Quand à Bab el Fouarat ou Bab Zitoun Ibn Attïa, on ne connaît son emplacement qu'approximativement. Elle devrait être, d'après les indications des chroniqueurs, dans les remparts qui bordent le sentier de l'Oued Zitoun, juste en face de l'actuelle école primaire de l'Adoua.


Si l'on en croit l'auteur du Kirtass, cette porte qui était praticable avant 620, existait encore de son vivant (726 H- 1325) mais elle était alors désaffectée.

La limite de Ras el Kliâa au Nord pourrait être une ligne qui commence près de la Koubba ou Mausolée de Sidi Mohamed Taleb, à quelques mètres du dispensaire de l'Adoua et se poursuit directement jusqu'à Bab Ftouh en suivant la côte. Cette hypothèse est confirmée par la Saloua qui place la porte de la Kalaâ près du Mausolée de Sidi Mohamed Taleb. Le quartier Saraoua où se trouve Sidi Ali Boughaleb était contigu à la Kalaâ sur toute sa limite Est, mais n'en faisait pas encore partie.
A l'Est la limite est le rempart qui existe encore.
A l'Ouest, la limite naturelle serait incontestablement l'Oued Zitoun. Mais les textes mentionnent le Zitoun Ben Attïa sur la rive droite de l'Oued. Cette olivette n'est autre chose que l'emplacement actuel de Dar Mac Lean et l'Arsa Ghernite, lesquels se trouvent justement sur la rive droite de l'Oued Zitoun.

Il n'y a pas de doute que Dar Mac Lean et l'Arsa Ghernite faisaient partie de la Kalaâ. Les textes sont d'ailleurs d'accord à ce sujet.

Si à l'Est on est bien fixé sur la limite de la Kalaâ par le rempart, si à l'Ouest et au Sud on peut placer avec assez de précisions ces limites, au Nord, par contre, aucune trace ne subsiste. On en est réduit ici à des hypothèses. Pour rester dans le domaine du raisonnable, nous devons nous contenter, jusqu'à nouvel informé, d'une limite probable qui aura le mérite d'être vraisemblablement celle d'une forteresse. Il s'agit de la hauteur qui surplombe l'Oued Masmouda et dont on peut suivre distinctement les contours à partir du dispensaire de l'Adoua. Dont ces conditions, on peut admettre, sous toutes réserves bien entendu, que la ville a dû au cours de son extension englober une partie de la Kalaâ ou ce qui paraît plus simple sinon plus logique, c'est admettre qu'il n'y avait de ce côté aucune limite définie entre la Kalaâ et la ville proprement dite. Les constructions, à partir de la Kalaâ, s'échafaudaient en amphithéâtre sur un terrain tantôt escarpé, tantôt en pente légère jusqu'à la berge de l'Oued El Khir, appelé communément Bou Khareb.

Les chroniqueurs font remonter la destruction de la Kalaâ à l'an 627 (1229) à la suite d'une famine terrible pendant laquelle les fassis se crurent au terme de leur destin. Il est probable qu'on aura jamais aucune idée d'ensemble sur la configuration urbaine de ce qu'était cette agglomération. C'est juste si l'on peut saisir quelques allusions à travers les compilations des chroniqueurs à propos de certaines rues et édifices religieux. Ca et là on peut relever l'existence de maisons ayant appartenu à des personnages de marque. Des médersas, des zaouïas, voir des mosquées avec minaret sont plus nombreux. Parmi ces édifices, il faut signaler les plus intéressants:
- La Médersa Almoravide
- La Zaouïa Tahadriet des Mérinides

Je ne parle que pour mémoire des mausolées, ils sont fort nombreux et abritent les restes de personnages fort importants tant au point de vue religieux que politique; quelques uns ont joué des rôles éminents dans l'histoire du pays.

Le texte sur Bab El Hamra est de Si Mohamed BERDELLAH



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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Lun 13 Juin - 10:02

Deux textes, de cette même conférence, rédigés par Maurice NENY à propos de Sidi Deress Ben Smail : voyageur , exégète et soldat au service des Oméyade ?

Abou Mimouna Sidi Deress Ben Smail El Fassi, voyageur, exégète, soldat.
(d'après le Selouat Enfass)

On l'appela Deress parce qu'il étudia beaucoup. Il visita l'orient, l'Espagne et l'Afrique.

Il s'initia à l'exégèse auprès du réputé savant Ali Benou Ali Mattar d'Alexandrie et commenta à Kairouan le livre de Beni El Mouaz. Il combattit puis étudia en Andalousie.

Sa renommée de juriste et de mohadith devint très grande. Ayad conte que le chef d'une troupe d'assaillants apprit en rêve qu'il n'entrerait jamais dans Fès où résidaient quatre grands ascètes dont Sidi Deress.
Abou Mimouna mourut pendant le mois de El Haja 357.

La Légende rapporte qu'un cordonnier de ses disciples achetait de la boucherie lorsque passa le corps du saint qu'on portait en terre. Apprenant qu'il s'agissait de Sidi Deress dont il ignorait la mort, il ressentit un grand choc et déposant son emplette dans le capuchon de sa djellaba, l'accompagna dans une grande affliction. Rentré chez lui, il tenta d'accommoder sa viande mais elle ne put jamais cuire et pas davantage ne se putréfia.

Cependant, lorsque le cortège arriva en vue de Bab El Amera qu'il devait franchir pour atteindre le lieu de la sépulture, la dépouille se fit si lourde que les porteurs durent la déposer à terre. Saisis de crainte, ils demandèrent au mort la raison de ce prodige. « C'est que le Prophète est parmi vous et m'accompagne » répondit -il de l'Au-Delà. Force fut à la foule qui suivait l'enterrement de franchir d'abord la porte. Alors le cadavre put être à nouveau soulevé.

Ce miracle lui ayant été rapporté, le Sultan d'alors décréta que Bab El Amera serait murée afin que nul ne puisse mettre désormais le pied sur la trace des pas du Loué.

Le mausolée actuel fut construit en 1200 par Abou Abdallah. Abou Inan avait déjà rénové en 754 la construction primitive.



Sidi Deress Ben Smail, missionnaire Oméyade ?

La personnalité de Sidi Deress Ben Smail va nous permettre de jeter un regard sur cette période très obscure mais attachante de l'Histoire du Maroc qu'on a appelé l'époque zénète et qui correspond à celle des règnes de nos derniers Carolingiens. 357 de l'Hégire, c'est environ 970 de notre ère.

Les Idrissites se sont retirés au Jbel. De 920 à 973, les Fatimides de Kairouan ont, à neuf reprises différentes, tenté de
s'implanter dans le Nord du Maroc, mais les Oméyades de Cordoue qui craignent leur pénétration en Espagne font alliance avec les Béni Ifren et les Maghraoua , et ce sont des gouverneurs originaires de ces tribus qui défendent Fès d'ailleurs divisée encore en deux villes distinctes et rivales séparées par l'Oued dont les rives sont fortifiées. C'est Yssaf
Ben Tachfi , 1'a1moravide qui les réunira. E1 Alyia (la Haute) celle de la rive gauche abrite une élite de souche ifrikyienne, l'autre, Médinat Al Fès, celle de la rive droite,un noyau compact d'andalous.

Il est facile d'imaginer l'ambiance d'intrigues dans laquelle ont pu se poursuivre ces tentatives de conquête dont
un caractère religieux masquait d'ailleurs le but politique .

Les Fatimides étaient des hérétiques chiites, tandis que les Andalous se réclamaient de la Sunna. La masse des berbères marocains, elle, professait le kharijsme.

Il est certain que les Emirs de Cordoue qui n'avaient nullement l'intention d'imposer leur domination au Moghreb, mais y fortifièrent leur alliance avec les zénètes pour se prémunir contre le danger d'invasion de l'Espagne par les Fatimides, firent des efforts pour y implanter leurs conceptions religieuses, excellent ciment d'une entente.

Et on peut admettre que 1'action de Deress Ben Smail s'exerça en leur faveur puisqu'il introduisit au Maroc la
doctrine malékite étroitement orthodoxe qui s'avérait alors le meilleur instrument d'arabisation de la conscience berbère.

Kairouan, où il enseigne, bien que devenue capitale des Fatimides , était restée une des citadelles de l'orthodoxie. De plus on le retrouve par la suite combattant et étudiant en Andalousie.

Sous quelle bannière y porta-t-il les armes ? On peut difficilement supposer que ce fut avec les Fatimides qui
razzièrent Alméria en 955, mais plutôt contre les chrétiens, à la solde des Oméyades.

Et rien ne s'oppose à ce que ceux-ci ne l'aient chargé, par la suite, de gagner à leur cause les Kharijistes de Fès.

On pourrait ainsi expliquer le comportement de l'Emir partisan des Oméyades , qui consacra de façon éclatante par
la fermeture de Bab el Amara et impose donc de façon tangible à l'esprit des masses la véracité du miracle qui se produisit lors de sa mise en terre.


S'i1 m'est permis de sortir du domaine de l'hagiographie pure, je crois pouvoir affirmer sans risquer d'être taxé de scepticisme que le souvenir des faits merveilleux reste d'autant plus vivace dans la mémoire des hommes qu'ils ont servi
une cause.

Et quoi pouvait mieux prouver la vérité de l'enseignement de Deress Ben Smail, et par corollaire , la légitimité de
la politique de ceux qui assuraient la direction des doctrines dont il se réclamait, que la confirmation qu'en donna la présence mystique du Prophète à ses obsèques.

L'Emir Ftouh qui donna son nom à la porte qui dût remplacer Bab El Amera n'apparait que soixante dix ou quatre vingt ans après la mort de Sidi Deress;

C'était un Maghraoui, encore client des Oméyades, fils de l'Emir Dounas.

Il régnait sur Médina-El-Fès et combattit son frère ADJISA qui gouvernait la ville haute et fut le parrain de Bab
Guissa.




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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Lun 13 Juin - 10:28

Des textes sur les Mosquées,Zaouïas et Médersas du quartier visité terminent cette conférence sur Medinat el Fas

La médersa almoravide

Ce monument ou ce qui en reste, est contigu à l'école libre de Ben Abdellah, et se trouve à gauche de l'ancienne rue El Kaghatine qui, de Souk Abdellah, mène a Oued Ez-Zitoune en passant au pied de la grande muraille des remparts.

Les hagiographes le désignent tantôt sous la dénomination de « mosquée des Martyrs » -Mesjid Es Sahirin tantôt sous
celui de" Médersa des Almoravides". La population de Fès 1'appelle « Roda de Sidi Bou Mediane " (Il s'agit du saint patron de Tlemcen qui aurait prié dans ce cimetière lors de son séjour à Fès).

Cet édifice, dont le gros oeuvre est encore debout, est certainement une des ruines les plus anciennes de Fès. Malheureusement il n'y a a son sujet aucun renseignement sérieux. Les chroniqueurs ne le signalent que fortuitement Cependant, ses murailles imposantes avec des matériaux à l'épreuve du temps laissent à penser fortement qu'il s'agissait d'un édifice religieux qui avait à l'époque une certaine importance.

J'ai découvert dernièrement a son sujet des notes anonymes qui paraissent fort intéressantes Ces notes ont été consignées dans des liasses qui ont l'air d'être très anciennes et authentiques.

Il est dit dans ces notes que la Roda de Sidi Bou Mediane, comme on 1'appelle communément, était une grande Médersa construite par Youssef Ben Tachefine. L'auteur des notes ne donne pas la date exacte de cette construction, mais il précise qu'elle a eu lieu peu d'années après la rentrée triomphale du souverain Almoravide à Fès. C'est donc vers 462 H ( 1059) qu'il faut faut placer la construction de cette Médersa.

L' auteur note qu'elle était exclusivement réservée à l'instruction des princes de la famille royale et des fils des grands personnages de 1'entourage du Sultan "On ne voyait, ajoute l'auteur aucun zénète parmi les élèves de cet établissement.
Ils étaient tous Almoravides donc senhadja, de caractère grossier et d'esprit lourd dépourvus des connaissances les plus élémentaires et de convenance sociale " . Et horreur ! ces prétendus rénovateurs de la foi 1slamique ne connaissaient pas le moindre mot d'arabe". Et 1'auteur de poursuivre dans ce sens un long réquisitoire contre les Almoravides. “La seule chose dont on devait leur être reconnaissant, dit-il, , est d'avoir banni la pratique du vin dans la Ville de Fès, pratique très répandue qui causait beaucoup de mal à la population, surtout à la jeunesse qu'el1e égarait et détournait de ses devoirs religieux.

Il faut entendre par Zénète la dynastie berbère qui détenait le pouvoir à Fès avant les Almoravides. Les zénètes formaient alors la grosse majorité des habitants de Fès et étaient déjà fort policés C'était de parfaits orthodoxes, mais leurs moeurs étalent relachées et ils subissaient fortement 1'influence de l'Espagne Musulmane. Il est compréhensible que les austères Almoravldes dont la raison d'être était justement de purifier la foi Islamique du peuple marocain et de lui rendre sa première vigueur, ne pouvaient admettre en aucune façon la tolérance et la liberté de moeurs dont jouissaient les zénètes à l'exemple de leurs coreligionnaires de la péninsule.

L'auteur anonyme signale que la Médersa Morahabitine continua à fonctionner pendant tout le règne des Almoravides. A la chute de cette dynastie, lors de l'occupation de Fès par les troupes Almohades en 540 (II45 ), les élèves de la Médersa refusèrent de se rendre aux nouveaux maîtres , se retranchèrent dans leur établissement en s'y défendant avec courage. La médersa fut alors soumise à un véritable siège qui dura plusieurs semaines. En fin de compte l'établissement fut pris d'assaut et les assiégés furent tous passés au fil de l'épée. C'est en souvenir de cette scène atroce que la Médersa fut nommée "Mosquée des Martyrs“.

Au cours du siège , elle fut grandement endommagée. Ce n'est que vers la fin de la domination Almohade qu'e1le fut
restaurée. Plus tard, elle devint un lieu de sépulture pour étrangers.

Ici s'arrêtent les renseignements que j'ai pu recueillir de ces liasses anonymes. Je ne sais pas quel crédit il faut
leur accorder. Je pense personnellement qu'ils n' ont rien d'invraisemblable. Les sources historiques de l'époque almoravide sont fort rares si 1'on excepte les ouvrages classiques d'Ibn Abi Zar'â et d'Ibn Khaldoun; Encore ces deux auteurs n'ont rapporté que des renseignements généraux. Les détails rapportés plus haut, ne pourraient trouver place dans leurs narrations.


Texte de Mohamed BERDELLAH.



La Zaouia des Mérinides

Je n'ai malheureusement pas beaucoup de renseignements sur cette importante fondation qui nous rappelle tout un règne glorieux fait de faste et de splendeur - je veux dire le règne des Mérinides qui ont laissé des monuments admirables et des souvenirs encore vivants aux coeurs de tous les Marocains. N'entend-on pas répéter souvent dans ce pays: « Tu peux déclarer sur la foi du serment qu'après les Mérinides et les Béni Outass, il n'y a plus d'hommes qui en vaillent la peine ». Echo populaire, culte d'un passé que la tradition perpétue après plusieurs siècles.

Je ne me serais peut-être pas appesanti outre mesure sur cette Zaouïa qui ne présente pas grand'chose auprès des magnifiques Médersas et d'autres monuments de valeur laissés par les Mérinides et leurs cousins les Béni Outass sans la fondation très curieuse affectée à cet édifice.

La tradition rapporte à cet égard des détails fort intéressants. Les versions sont très nombreuses mais elles s'accordent toutes sur les traits généraux.

Il paraît que cette Médersa fut conçue et construite par le Sultan Mérinide Abou Youssef Yacoub.

Durant la construction, le monarque suivait personnellement de près les travaux et veille sur tous les détails. Il n'épargna aucun effort pour embellir l'édifice et le rendre agréable.

La Médersa d'Abou Youssef était vaste. Elle comprenait soixante chambres une fois achevée. Elle fut inaugurée dans
l'enthousiasme publique général. A cette occasion, le souverain distribua l'aumône et servit des repas aux pauvres.

Après cette journée, comme il n'en a jamais eu lieu de pareille au Maroc, ajoute la tradition, Abou Youssef fit venir
le Cadi et les Adouls aux fins de consigner ses volontés. Il alloua en toute propriété et dans la forme prescrite un nombre
considérable d'immeubles à la Médersa. Ensuite ll décida que cette dernière servirait d'asile aux voyageurs de passage à Fès.

C'est ainsi que la Medersa est devenue une véritable hôtellerie bénévole où les voyageurs pouvaient trouver gite et
nourriture. La tradition qui ne néglige aucun détail à cet égard précise que le Souverain, pour éviter des abus, avait spécifié dans sa déclaration qu'un voyageur ne pouvait demeurer dans la Médersa plus de trois jours francs. Le soir de la troisième journée, s'il ne quittait pas les lieux de son propre gré, il était mis dehors par force. Sur ce chapitre le règlement était, parait-il, très sévère. Les pèlerins aux lieux saints de l'Islam, avaient toutefois le droit de séjourner à la Medersa pendant une semaine et d'emporter avec eux une provision pour autant de jours.

La tradition s'étend sur l'organisation intérieure de la Médersa et rapporte à cet effet des détails fort intéressants. C'est ainsi qu'il est indiqué que 20 personnes étaient chargées de l'entretien de l'établissement. Elles étaient placées sous les
ordres d'un Mokadem. La fondation était gérée au point de vue financier par un Nadir désigné par le souverain.

On servait dans la Medersa trois repas par jour. Le matin on donnait aux voyageurs deux bols de Harira (soupe épaisse), un demi-pain et des fruits secs. A une heure de l'après midi, on offrait la Baissara à l'huile d'olive (purée de fèves assaisonnées au piment et au cumin) ou le Mezgueldi (oignons préparés avec de l'huile d'olive et du miel. Le soir enfin on présentait aux passagers de grandes Gassaâs de couscous au ragoût. Chaque voyageur avait droit à la viande au moins une fois pendant son séjour. Toutefois, les pèlerins avalent droit chaque jour a un plat de viande supplémentaire.

Que peut on penser au juste de ces renseignements ? Quelle peut être leur valeur historique ? Il est difficile d'émettre une opinion arrêtée à leur sujet tant qu'ils ne seront pas recoupés au moins dans leurs grandes lignes. Ce serait du moins l'opinion d'historiens qui n'usent de la tradition populaire que prudemment et avec circonspection car la voix populaire a toujours tendance à déformer les faits. Heureusement, i1 y aurait, dans une certaine mesure, de quoi donner satisfactions à ces historiens.

Il existe dans les sommiers de consistances des Habous (appelés Haouala ) des textes authentiques qui prouvent que de nombreux immeubles ont été légués au profit non seulement de la Zaouía en question, mais de six autres fondations similaires concourant au meme but pieux rapporté par la tradition populaire. D'autre part, les chroniqueurs classiques, entre autres le Raoud El Kertass et la Dakhira Es Sania, ont fait allusion dans leurs compilations à ces fondations pieuses dues à la générosité des souverains Mérinides.

Il reste cependant un point auquel j'accorde beaucoup d'importance, c'est un problème dont je vais essayer de poser les données sans pour cela prétendre le résoudre . Il s'agit de voir s'il est possible s'il est possible d'arriver à connaître le mobile exact qui a poussé les souverains Mérinides , en dehors d'un but purement charitable, à créer ces Zaouïa à usage exceptionnel.

Je ne pense pas que les dynasties antérieures aient jamais fait de fondation, de ce genre du moins sous cette forme et avec une semblable organisation. D'habitude, c'est aux Confréries religieuses organisées sous forme de Ribat pour la préparation de la guerre sainte, que revenait l'honneur de donner le "Taam », la nourriture. Excellent système de propagande pour recruter des adhérents et asseoir solidement leur influence à travers le pays.

Que les souverains Mérinides aient entrepris de concurrencer les confréries sur ce terrain, c'est là un évènement politique nouveau, une réaction pour ainsi dire que seule la raison d'Etat peut justifier. En effet, il faudrait que les monarques Mérinides aient déjà senti peser la menace du péril des confréries sur le pouvoir central pour se lancer dans une entreprise de cette nature. Incapables peut-être, de pouvoir dissoudre ces congrégations que soutenaient l'opinion publique et les intellectuels, les Mérinides auraient été obligés de chercher à les combattre sur leur propre terrain et avec leurs propres armes. Et ceci m'amène à poser froidement la question de savoir si la fondation de ces Zaouîas et des nombreuses Médersas construites par les Mérinides, ainsi qu'une certaine politique de rapprochement vis à vis des Fékihs de l'époque, ne faisaient pas partie d'un plan d'ensemble destiné à endiguer l'influence grandissante des confréries religieuses qui commençaient déjà à inspirer de sérieuses inquiétudes au pouvoir Central.

C'est là une question que je pose sous toutes réserves. Je ne prétends nullement à la résoudre en avançant prudemment
quelques opinions. Je laisse a d'autres plus compétents le soin de la trancher.

Texte de Mohamed BERDELLAH.



La Mosquée « Achiakh » ou « En Nouar ».

Ce sanctuaire est bâti sur 1'emplacement du camp, entouré d'une palissade de bols, qu'installa ldriss II en 808 et ou il résida pendant un an avant de se transporter sur la rive gauche.

Il est probable qu'i1 fut et resta le siège de la Djemaa des Berbères de confessions diverses qui habitaient la rive droite
de l'Oued Fès.

On y fit le prône du vendredi, la khotba jusqu'en 933.

Par déférence pour le grand souvenir qu'il rappelait, on le laissa, sans restauration, jusqu'en I208. A cette époque il tombait en ruines et fut relevé, sur 1'intervention du fils de Sidi Bou Mediane, par l'almohade Mohamed Nasir Li Din Allah qui venait de parfaire l'agrandissement et l'ornementation de la mosquée des Andalous.

La construction actuelle a été réalisée par les sultans alaouites.

Dans son enceinte ne sont enterrés que les chorfa Idrissites.



La Mosquée des Andalous.

Sous le règne de Yahya Ben Mohamed troisième successeur d'Idriss II, vint s'établir à Fès un notable originaire de Kairouan, Mohamed Ben Abdallah el Fihri, qui mourut bientôt en laissant deux filles fort pieuses Fatima et Maryem.
Elles décidèrent de consacrer leur héritage à l'érection d'une grande mosquée dans chacune des deux adoua. Fatima éleva la Karaouyine et Meryem la Mosquée des Andalous.

La construction de cette dernière fut commencée en 860. AI Bekri rapporte qu'e11e comprenait alors six travées et un petit atrium planté de noyers et qu'elle était pourvue d'une eau abondante prélevée sur l'Oued Masmouda.

Ce ne fut qu'en 933 et par ordre d'Hamed E1 Hamadani, gouverneur de Fès pour le compte des hérétiques fatimides c'est à dire 73 ans après sa fondation, qu'on y fit la Khotba, le prône du vendredi, qui était resté, jusque la, le privilège de la mosquée Achiakh. L'un des gouverneurs , Abderrahman Ben Mohamed, khalifa de Cordoue la dota de son minaret en 956.

La grande porte du nord fut construite sur l'ordre de 1'almohade Mohamed En Nasir Li Din Allah en l'an 1204. Haute de vingt sept coudées et large de vingt, elle était précédée de I4 degrés. Une cloison grillagée en bols, percée de trois ouvertures, la fermait. L'ouverture du milieu donnait accès à un bassin de pierre rouge dans lequel arrivait l'eau de l'0ued Masmouda.

Un auvent de plâtre sculpté vers l'intérieur et de cèdre vers l'extérieur surmonte cette porte. Jusqu'en 1320, cet auvent
recélait un talisman qui interdisait aux hirondelles d'y nicher et de pénétrer dans la mosquée.

Porte mosquée des Andalous (photographie année 50)



En Nasir fit également construire une fontaine et une entrée pour la salle de prières des femmes; au-dessus de celle-ci,
une "Msria " pour les imams de la mosquée et un Dar El Odou, pavillon des ablutions sur le modèle de celui de Karaoouyine. La vasque de ce Dar El Odou fut donnée par Abou Zakaria Yahya, 1'un des fils d'En Nasir, prétendant évincé, qui régna temporairement à Marrakech.

Depuis son agrandissement, la mosquée des Andalous comporte quinze travées d'est en Ouest et treize du Nord au Sud. Sa longueur et sa largeur sont de deux cents coudées, elle peut contenir quatre mille fidèles.

Son minaret mesure, sur chacune de ses faces, seize coudées, sa hauteur est de soixante dix coudées et son escal1er
compte soixante quatorze degrés.

En Nasir dota la mosquée de 1'eau d'une source située près de Bab El Hadid, mais, dans une année de famine, le canal d'amené fut détruit, vraisemblablement par les propriétaires d'A1 Oyoun et de Ras Djenan au profit de leurs plantations assoiffées. Les fréquents "vols d'eau" que sanctionnent nos tribunaux, chaque été, sont donc de tradition fort ancienne On dut avoir à nouveau, recours à une prise sur l'Oued Masmouda, jusqu'en l'an 1308, où le mérinide Abou Tabit fit reconstruire ce canal.

Parmi les docteurs célèbres qui enseignèrent à la mosquée des Andalous, on trouve Djabr Allah E1 Qasim El Andalusi. qui fut, sans doute, l'un des quatre piliers de la Foi qui troublèrent les rêves de Johar, général fatimide lorsqu'il assiégea Fès, trois autres de ces quatre piliers ayant été Abou Jida Ben Ahmed, Darass Ben Smail et Sidi Harazem.

Djabar Allah était lui aussi, un tenant du malékisme et l'auteur du Zahrat Al As rapporte l'une de ses controverses avec Darass Ben Smail divulgateur du livre d'Al Moaïzz, qui aurait lieu à l'ombre de ces murs et qui roula sur le sujet suivant:
Est-il permis de rendre à son vendeur, un taureau acheté à l'époque des moissons pour dépiquer et qui s'avère impropre à cet emploi, si ledit vendeur n'a pas stipulé que 1'animal avait subi le dressage nécessaire à cette utilisation ?

Le même auteur rapporte aussi l'histoire du cadi Abou Mohamed Abdallah El Houwari, droit dans ses jugements et plein de la crainte de Dieu, qui mena une existence sans faste et condamna impitoyablement, dans cette enceinte, à la mort, à la crucification, et à la mutilation.

Ses ennemis, obtinrent, lorsqu'il fut décédé l'ouverture d'une enquête sur ses moyens d'existence. On rechercha ses fournisseurs et on en trouva point. Il recevait de Meknès, son huile et son beurre, ses contribules des Hoouwara le fournissaient en blé, sa femme tissait ses vêtements. Qu'Allah ait en sa sainte miséricorde ce juge intègre, qui avait su, par un sage comportement, se mettre à l'abri de la corruption.

Il est probable que l'enseignement donné à la mosquée des Andalous était très recherché au XIVème siècle. La construction de la Médersa Sahrij et de la Sbayine en font foi. Une autre médersa existait d'ailleurs dans le même quartier sur les bords de l'Oued Masmouda. Reconstruite, c'est aujourd'hui la mosquée de l'Oued. La prédominance puis le monopole de la Karaouyine se sont affirmés que depuis les Saadiens, c'est à dire le XVIème siècle.

Le sultan des Tolba continue pourtant de visiter la mosquée des Andalous le vendredi qui suit son élection.
La mosquée bénéficie de l'institution charitable des "moanis al meurda" les "compagnons des malades". Cette oeuvre assure, pendant les dernières heures de la nuit, aux malades qui ne peuvent dormir, le secours de prières psalmodiées par une compagnie de muezzins qui se succèdent dans un ordre invariable, de demi-heure en demi-heure.

Enfin il est d'usage que le prédicateur de la mosquée soit toujours un membre de la famille des Ben Souda.

La place du Seffah, où nous stationnons, est ainsi nommée à cause de la corporation des crieurs de nouvelles les sahafa, chargés par le Maghzen de répandre les informations à travers la Ville. Ils n'étaient point rémunérés, mais avaient le privilège de vendre aux enchères , un jour par semaine, sur cet emplacement, les meubles d occasion.

Avoisinent la Mosquée, la Médersa Sbayine (l'école de ceux qui enseignent les sept psalmodies du Coran), dite "Medrasa Sghora" et la Médersa Sahrij (l'école du Bassin) dite Médrasa E1Kobra; la Médersa Sahrij est une merveille, malheureusement fort délabrée.

L'une et l'autre furent construites a partir de 1320 par Abou Al Hassan, héritier du mérinide Abou Said Othman. On travailla, parait-il, pendant 9 ans à leur édification. La dépense s'éleva à cent mille dinars.

Texte rédigé par Maurice NENY

Le Sultan des Tolba

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Kais GHOMRI

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MessageSujet: Bab Al Hamra   Lun 15 Aoû - 14:08

Pour documenter le texte , j'insère des photos prises hier à Bab Al Hamra.



Route de Bab Ftouh. Au centre: Mausolée de Sidi Ali Ben Hrazem .



Muraille de Bab Hamra.



Porte de Bab Hamra



Vers Bab Hamra , toute proche. Noter sur la colline au loin à partir de la droite: les Tombeaux mérinides
puis l' Hôtel ensuite le Borj Nord.



Mosquée des Masmoudas où est inhumé Ibn Ishak



Inscription- sculptée en pierre murale



Mihrab avec l'Imam - étudiant Azeddine attendant les croyants pour la prière de groupe.On s'est fixé RV après le Ramadan pour faire une promenade et retrouver les sites mystiques et historiques du quarter Al Hamra.Malgré les livres et toutes les lectures, une reconnaissance des lieux avec un ou mieux plusieurs connaisseurs est indispensable.
C'est lui d'ailleurs qui m'a donné ces bribes d'informations



Minaret de Jamaa El Oued

--

Plaque Jemaa El Oued/ Plaque zenqat masmouda .



Un inhabituel coin d'immeuble à Makhfia: colonne Romaine ? qui doit exciter c'est sûr la curiosité de Ouedaggai.



Mosquée Derb El Khettar



Une porte de maison , probablemnt d'époque



Mosquée des ( Hajjajs) pélerins aux lieux saints : où jadis ils se réunissaient avant de constituer le convoi



Minaret de la même mosquée



Minaret de la minuscule mais fameuse: Mosquée Makhfia,



Sur le mur de la mosquée Makhfia



Fontaine probablement ancienne, non rénovée et à sec.



Détail



L'hôtel les mérinides au loin sur la colline et un kanoune au 1ere plan
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ouedaggaï

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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Lun 15 Aoû - 16:35

Merci Kais, pour ta documentation iconographique à propos de la rive des Andalous.

Pour compléter tes photographies j'ajoute:
- une photographie de la mosquée Makhfia que j'ai prise en octobre dernier. On voit une des particularités de cette mosquée: seules 2 façades sur les 4 sont sculptées.
- une photo (de médiocre qualité ) d'un tableau de Marcel Vicaire qui a peint cette mosquée comme beaucoup d'autres monuments ou scènes de rues de ce quartier. Ta photo de cette mosquée est prise sous le même angle que le tableau




Quant à la colonne "romaine" je programme dès maintenant une visite lors de mon prochain passage à Fès !
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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   Mar 16 Aoû - 7:30

cheers

Chers Kais et Ouedaggaï,

Grâce à vous deux, je découvre l'histoire de Fes. Je regrette qu'on ne me l'ait pas apprise quand j'étais au Maroc et que l'école de ce temps n'ait pas favorisé le bilinguisme: j'aurais développé les notions de la langue marocaine enseignées par ma nounou!
Bref, quand retournes-tu à Fes, Ouedaggaï et qui/ qu'emmènes/ emportes-tu cette fois dans tes bagages?!

Bonne journée
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Kais GHOMRI

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MessageSujet: Dans les bagages de Ouedaggai   Mar 16 Aoû - 13:22

Ma chère Pascale
Merci pour ton intérêt soutenu. Ill n’ y a rien à regretter. Tu ne pouvais pas t’intéresser tout petite à ces choses compliquées et parfois rebutantes comme l’Histoire et ses hommes .On n’en saisit pas l’intérêt quand on est plus jeune ou peut être que l’intérêt pour ces choses vient avec le temps. Moi aussi je regrette que quand j’étais à Bordeaux, je n’en ai pas profité pour explorer ses environs extraordinaires .En tous cas je suis là en plein soleil , tu es en Allemagne bien au frais et je suis à ton service pour essayer de rechercher le temps perdu.
Amicalement
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MessageSujet: Re: MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)   

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MEDINAT EL FAS (La rive des Andalous)
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